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Bénin : Pourquoi Gernot Rohr doit revoir l’utilisation d’Ahlinvi (Chronique)

Bénin : Pourquoi Gernot Rohr doit revoir l’utilisation d’Ahlinvi (Chronique)

Matteo Ahlinvi n’a pas encore livré une prestation pleine et aboutie avec les Guépards, mais son profil mérite une véritable réflexion tactique ! Face à l’Argentine, le milieu béninois a montré par séquences qu’il pouvait apporter ce qui manque parfois au jeu de la sélection, de la justesse technique, des passes verticales et une meilleure connexion entre la récupération et l’attaque.

Par admin
Publié le 30 octobre 2026 à 16h06

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Autant son entrée contre la Mauritanie m’avait laissé sur ma faim, autant celle face à l’Albiceleste m’a convaincu par moments. J’ai suivi Ahlinvi lorsqu’il évoluait à Dijon et à Nîmes. Sa capacité à orienter le jeu, à casser les lignes et à trouver des partenaires entre les lignes m’avait déjà séduit. Le problème n’est donc pas de savoir s’il possède des qualités techniques. Il s’agit plutôt de déterminer comment les exploiter dans une équipe où l’équilibre défensif reste prioritaire.

Ahlinvi, le chaînon manquant entre récupération et attaque

Imourane Hassane et Sessi d’Almeida offrent des garanties dans l’activité. Ils multiplient les courses, ferment les espaces, pressent les adversaires et participent aux duels. Mais leur rôle ne consiste pas nécessairement à dicter le tempo ni à créer constamment des décalages par la passe.

C’est précisément dans cette différence qu’Ahlinvi peut apporter une plus-value. Lorsque les Guépards récupèrent le ballon, il pourrait se positionner à proximité du porteur pour offrir une solution courte, se retourner et trouver rapidement un joueur entre les lignes. Plutôt que de multiplier les passes latérales, il aurait pour mission de faire progresser le jeu vers l’avant.

Concrètement, dans un 4-3-3, je verrais bien Sessi d’Almeida en sentinelle, devant la défense, avec Imourane Hassane dans un rôle de relayeur chargé de couvrir les espaces et de soutenir le pressing. Ahlinvi occuperait l’autre poste de relayeur, avec davantage de liberté pour orienter les offensives et se projeter dans les intervalles. Cette organisation permettrait de protéger ses limites défensives sans brider ses qualités créatives. Elle exigerait toutefois une discipline collective stricte, notamment lorsque le Bénin perd le ballon.

Ahlinvi et Olaïtan, une association à tester

L’autre option qui m’intéresse est une association entre Ahlinvi et Junior Olaïtan. À mes yeux, ces deux joueurs possèdent une qualité technique et une vision du jeu particulièrement intéressantes dans l’entrejeu béninois. Leur complémentarité pourrait donner davantage de variété à l’animation offensive.

Je placerais Ahlinvi dans un rôle de relayeur organisateur, chargé de recevoir le ballon dans les pieds, de casser les lignes par la passe et d’orienter les attaques. Olaïtan évoluerait plus haut, entre les lignes, avec la liberté de se retourner, de combiner avec les attaquants et de provoquer dans le dernier tiers.

Mais cette association nécessite une couverture derrière eux. Face à un adversaire capable de lancer rapidement des transitions, Sessi d’Almeida pourrait sécuriser l’axe, tandis qu’Imourane Hassane assurerait les compensations et le soutien au pressing. Le choix entre ces deux profils dépendrait du système adverse et de la capacité du Bénin à contrôler le milieu. L’objectif serait clair : permettre à Ahlinvi de construire et à Olaïtan de déséquilibrer. Pas de demander aux deux de remplir exactement les mêmes fonctions.

Rohr doit aussi corriger ses limites

Cette option tactique ne doit pas masquer les insuffisances d’Ahlinvi. Face à l’Argentine, il a parfois manqué de spontanéité et de vitesse d’exécution. Il doit apprendre à jouer en deux touches lorsque la situation l’exige, à scanner son environnement avant de recevoir et à déclencher plus rapidement ses transmissions vers l’avant.

Ses déplacements doivent également mieux correspondre aux appels de ses partenaires. Pour cela, les Guépards ont besoin de répétitions à l’entraînement : sorties de balle sous pression, combinaisons dans les demi-espaces et enchaînements entre le relayeur, le meneur et l’attaquant.

Sa condition physique reste un autre chantier. S’il peine à maintenir l’intensité sur toute une rencontre, Rohr pourrait d’abord lui confier des titularisations ciblées ou des entrées suffisamment longues pour lui permettre de trouver du rythme. L’objectif serait ensuite d’évaluer sa capacité à tenir un rôle plus important, plutôt que de le condamner à un statut de remplaçant.

Une rotation intelligente plutôt qu’un bouleversement

La hiérarchie actuelle reste difficile à bousculer. Sessi d’Almeida et Imourane Hassane offrent des garanties dans le travail défensif, tandis qu’Olaïtan possède une longueur d’avance dans la création. Ahlinvi ne doit pas être présenté comme un sauveur, mais comme une option tactique différente.

À mon sens, Gernot Rohr gagnerait à le faire jouer davantage dans l’axe, à son poste naturel, avec des consignes précises et des partenaires complémentaires. Le Bénin ne doit pas choisir entre l’impact physique et la qualité technique. Il doit apprendre à associer les deux.

La vraie question n’est donc pas de savoir si Ahlinvi mérite automatiquement une place de titulaire. C’est de déterminer dans quelles conditions ses qualités peuvent faire progresser le collectif. Et si le sélectionneur parvient à trouver cet équilibre, le milieu béninois pourrait gagner une arme supplémentaire pour faire sauter les blocs adverses.